La construction des deux tubes du tunnel de base de la ligne ferroviaire Lyon-Turin, d’une longueur de 57,5 kilomètres, implique la production d’importantes quantités de matériaux d’excavation, dont une meilleure utilisation engendre une meilleure efficacité des travaux.
Au total, les travaux de la section transfrontalière – incluant le tunnel de base, les descenderies, les rameaux de communication, les tunnels annexes et les ouvrages de reconnaissance – représentent environ 37 millions de tonnes de matériaux excavés : 30 millions de tonnes en France et 7 millions de tonnes en Italie.
Près de 7 millions de tonnes avaient déjà été excavées en France avant le lancement des travaux du tunnel de base, lors de la réalisation des descenderies de Saint-Martin-la-Porte, La Praz et Modane, ainsi que des travaux préparatoires de SMP4. Ces matériaux ont été répartis entre plusieurs sites de stockage, notamment le dépôt des Côtes à Saint-André, le site de « l’Escargot » à Modane, le site de Plan d’Arc ainsi que la plateforme de Saint-Félix-en-Maurienne.
L’objectif de TELT est de privilégier chaque fois que possible le réemploi de ces matériaux dans une logique d’économie circulaire. Selon leurs caractéristiques géologiques et mécaniques, ils peuvent être transformés pour répondre à différents besoins du chantier ou être valorisés dans d’autres projets d’aménagement.
Sites de stockage et de valorisation du côté français

Un chantier unique à l'échelle européenne
La stratégie de TELT repose sur une approche globale qui associe innovation, traçabilité et optimisation des ressources.
Elle s’appuie sur quatre principes complémentaires :
- maximiser la valorisation des matériaux excavés ;
- développer des technologies innovantes de caractérisation, de traitement et de logistique en partenariat avec des instituts de recherche et des universités ;
- assurer une traçabilité complète des matériaux tout au long de leur parcours ;
- favoriser leur réemploi à l’échelle de l’ensemble du chantier transfrontalier.
Cette démarche a été renforcée par l’accord adopté dans le cadre de la Commission intergouvernementale, qui autorise, pour la première fois en Europe, la réutilisation binationale des matériaux d’excavation sur un chantier transfrontalier unique.
Une stratégie fondée sur l'économie circulaire
Dès la conception du projet, TELT a fait le choix de considérer la roche excavée comme une ressource.
Les matériaux présentant les caractéristiques requises sont transformés en granulats destinés à la fabrication des bétons du tunnel, notamment pour les voussoirs du revêtement. Ils peuvent également être utilisés pour la réalisation de remblais ferroviaires ou routiers, ou encore être employés dans des opérations d’aménagement et de remise en état de sites.
Cette approche permet de réduire les besoins en matériaux naturels, de limiter les transports et de diminuer l’empreinte environnementale du chantier. Elle s’inscrit dans la stratégie du chantier unique binational, qui vise à optimiser l’utilisation des ressources à l’échelle de l’ensemble du projet.

Une valorisation en constante évolution
Lors de la définition du projet, TELT s’était engagé à valoriser plus de 50 % des matériaux excavés.
Depuis, la loi française relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015 fixe, pour les maîtres d’ouvrage publics, un objectif de 70 % de valorisation des matières et déchets issus des chantiers de construction, conformément à la directive-cadre européenne de 2008 sur les déchets.
Sur les 23,5 millions de tonnes actuellement prises en charge dans le cadre du marché CO11 côté français :
- 10,7 millions de tonnes sont aujourd’hui orientées vers des dépôts définitifs autorisés (ISDI), soit environ 45 % des volumes gérés ;
- 12,8 millions de tonnes, soit 55 %, font l’objet d’une valorisation sous différentes formes :
- transformation en granulats pour la fabrication des bétons (entre 7 et 8 millions de tonnes, selon la nature des roches rencontrées) ;
- utilisation en remblais, notamment pour les aménagements ferroviaires de Saint-Jean-de-Maurienne (environ 3 millions de tonnes) ;
- valorisation externe, notamment pour la remise en état de carrières en activité ou dans le cadre de projets d’aménagement autorisés.
À ce jour, le taux de valorisation atteint environ 57 %. Cette proportion est principalement liée au statut réglementaire des dépôts définitifs (ISDI), qui sont aujourd’hui comptabilisés comme des installations d’élimination et non de valorisation.
